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« J’peux pas, j’ai chimio. »

  • carolineverstaen
  • 15 déc. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 4 janv.



C’est comment, une semaine où j’ai chimio ?


✨ Lundi


J’appelle la compagnie de VSL (véhicule sanitaire léger) pour réserver mon trajet jusqu’au centre de cancérologie. J’en ai surtout besoin pour le retour, car je peux être fatiguée ou barbouillée après une séance. Je ne prends donc pas le risque de conduire.


Je vais également à la pharmacie chercher les médicaments qui permettent de limiter les effets secondaires, et notamment d’éviter que mon corps réagisse trop violemment à la chimiothérapie.


✨ Mardi


Je vais au laboratoire pour une prise de sang. Les résultats permettront à l’oncologue de donner sa validation - ou non - pour la séance de chimiothérapie.


Alors, attention ! Ce n’est pas parce que les résultats ne sont pas dans les normes, que ça ne va pas. Cela m’aura valu plusieurs frayeurs, il y a trois ans : je voyais plein de valeurs en gras 😱 Je demandais alors à l'oncologue ce qu’il se passait. Sa réponse : « Non, c'est normal. » Les traitements ont un impact sur le corps et son fonctionnement, et les normes changent pour les personnes traitées pour un cancer.


✨ Mercredi


Rien de particulier à faire, si ce n’est essayer de ne pas trop penser au lendemain 😌


✨ Jeudi


Le VSL vient me chercher 1 h avant l’heure du rendez-vous de chimio. C’est toujours la surprise : quel·le chauffeur·se viendra me chercher ? J’ai mes chouchous, bien sûr, avec qui une complicité s’est créée au fil de ces nombreux voyages. Il y a ceux et celles que je rencontre pour la première fois, ceux et celles que je retrouve avec plaisir. Chacun·e a son p’tit truc et c’est marrant. Ce sont des personnes précieuses dans ce parcours.


Après la séance, je peux être un peu fatiguée. Mais le jeudi, c’est jour de marché dans mon village et je m’y rends. Cela me met en mouvement et je sais que je vais passer un chouette moment avec les copines et les copains. Ensuite, il sera toujours temps de rentrer, de me poser et de « cuver » ma chimio.


✨ Vendredi


Le vendredi et le samedi, en général, je suis pas encore trop fatiguée et je peux faire des choses. J’évite malgré tout de conduire. Heureusement, les copines sont là pour m’accompagner si j’ai un rendez-vous ou des courses à faire.


Cette semaine, j’ai une IRM de contrôle : les résultats détermineront la suite du protocole de chimio.


✨ Samedi


Entre 11 h et 13 h, une infirmière vient me faire la piqûre des facteurs de croissance, un produit qui stimule la production de globules blancs. Une piqûre que je redoute un peu, car elle peut me fatiguer et provoquer des douleurs au niveau du dos ou du sternum.


Le samedi, c’est aussi le 4e jour de corticoïdes. L’effet se cumule et je suis une pile électrique : fatiguée physiquement, mais frétillante intérieurement. C’est une sensation assez étrange ! Ils provoquent également des insomnies, alors je lis beaucoup ces nuits-là.


✨ Dimanche


Le dimanche, fini les corticoïdes ! Grosse descente d’énergie, associée à la fatigue due à la piqûre de la veille. Et là, c’est le début de ZE fatigue. Le dimanche, c’est encore ok… Mais dès le lundi - et ce, pendant 3 jours - je suis à plat. Me lever, prendre une douche, m’habiller : tout me demande un effort.


Malgré tout, je me force à mettre mes chaussures et à sortir me balader. Car une fois en marche, ça va. Je peux marcher 45 min, m’aérer l’esprit, m’émerveiller devant la nature, respirer l’air pur. Mais dès que je rentre chez moi, je redeviens un loque ! J’essaie vraiment de sortir tous les jours, même dans cette période compliquée. Le reste du temps, ma priorité, c’est le repos.


En parallèle, il y a différents inconforts : courbatures, douleurs articulaires, estomac saturé, bouche pâteuse. Ces effets passent doucement au fil des jours…



En résumé, j’ai une semaine compliquée après la séance de chimio. Les séances ont lieu toutes les 3 semaines : cela laisse du temps entre deux pour faire des choses, me changer les idées et ne pas avoir l’impression d’enchaîner. Ma priorité reste toujours la même : me reposer. Car je sens quand même une accumulation de fatigue au fil des séances...

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