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Les Stoltz-Grimm : une famille au service d'Andlau

Rue Docteur Stoltz, maison de retraite Stoltz-Grimm : autant de traces qui rappellent encore aujourd'hui le souvenir d'une famille profondément attachée à Andlau. Pendant près d'un siècle, les Stoltz-Grimm ont marqué la vie de la commune par leur engagement, leur générosité et leur action au service du bien commun.

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L’histoire commence avec Jean-Louis Stoltz (1777-1869).

 

Ancien chirurgien-militaire, il s’installe à Andlau au début du XIXe siècle. Il épouse Sophie Kreyder, déjà mère du tout jeune Louis Grimm. Ensemble, ils auront un fils, Alexis.

 

À Andlau, Jean-Louis Stoltz se consacre à la culture des champs et de la vigne. Passionné d’ampélographie — la science de la vigne —, il acquiert des parcelles sur le Kastelberg et publie plusieurs ouvrages consacrés à la viticulture.

 

Homme cultivé et engagé, il participe activement à la vie locale comme conseiller municipal, membre du Bureau de bienfaisance [1], membre de la commission de l’hospice et membre de la Fabrique de la paroisse [2].

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Son fils, Alexis Stoltz (1803-1896), donne à ce nom une renommée au-delà des frontières de l’Alsace. Après des études de médecine à Strasbourg, il se spécialise dans l’art de l’accouchement. Sa carrière est remarquable : professeur d’obstétrique, directeur de l’école départementale d’accouchement, puis doyen de la Faculté de médecine de Strasbourg, il est considéré comme l’un des grands accoucheurs français du XIXe siècle. Reconnu pour ses travaux, la qualité de son enseignement et sa contribution au développement de l’obstétrique, il reçoit notamment les insignes de commandeur de la Légion d’honneur.

 

L’histoire d’Alexis Stoltz se confond aussi avec celle de l’Alsace. Après l’annexion de 1871, il choisit de suivre à Nancy la faculté française de médecine issue de Strasbourg. Dans un de ses discours, il explique avoir accompagné ses collègues « pour remplir un devoir sacré ». Premier doyen de la nouvelle faculté de médecine de Nancy, il demeure profondément attaché à la France tout en conservant un lien indéfectible avec son village natal, désormais rattaché à l’Empire allemand.

 

La famille Grimm joue également un rôle majeur dans la vie communale. Louis Grimm, beau-fils de Jean-Louis Stoltz, exerce les fonctions d’adjoint, puis de maire d’Andlau durant plusieurs décennies.

 

Malgré leurs responsabilités et leur renommée, les membres de la famille n’oublient jamais Andlau. En 1868, Alexis et Jean-Louis Stoltz, Louis Grimm et sa fille, Amélie, participent au financement de la flèche actuelle de la chapelle Saint-André.

 

Alexis prend sa retraite à 76 ans et revient vivre à Andlau. Il consacre alors une partie de son temps à l’histoire du village.

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Les Stoltz-Grimm ont laissé une empreinte durable sur Andlau grâce à leur générosité. Amélie Grimm, nièce d’Alexis Stoltz et son héritière, lègue à son décès l’ensemble de ses biens ainsi qu’une importante somme d’argent au Bureau de bienfaisance de la commune, afin de permettre la création d’un hôpital, un souhait également exprimé par Alexis Stoltz dans son testament.

 

Ce projet ne put voir le jour en raison de la Première Guerre mondiale. Grâce à ce legs, l’ancien bâtiment de l’abbaye est néanmoins transformé en hôpital-hospice, puis en hôpital rural jusque dans les années 1960. Il accueille ensuite la maison de retraite, qui poursuit encore aujourd’hui sa mission sous la forme de l’EHPAD Stoltz-Grimm.

À ce patrimoine s’ajoutent leur maison familiale ainsi que leurs parcelles du Kastelberg, aujourd’hui propriétés du CCAS de la commune.

Le souvenir de cette famille demeure également à travers le monument consacré au docteur Alexis Stoltz, élevé au début du XXe siècle par la ville. Installé aujourd’hui dans la cour de la maison de retraite, il témoigne encore de la place particulière qu’occupent les Stoltz dans la mémoire collective andlavienne.

 

Médecins, viticulteurs, élus et bienfaiteurs, les membres de la famille Stoltz-Grimm ont profondément marqué l’histoire d’Andlau. Leur parcours rappelle combien l’attachement à une commune peut se transmettre de génération en génération et laisser une empreinte durable bien après la disparition de ceux qui l’ont porté.

Un grand merci à Philippe Burtscher, directeur de l’EHPAD Stoltz-Grimm, pour son accueil et pour le partage passionnant de ses connaissances sur l’histoire de la famille Stoltz-Grimm et du bâtiment de la maison de retraite.

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[1] Le Bureau de bienfaisance est l’ancêtre du Centre communal d’action sociale (CCAS). Créé pour venir en aide aux personnes les plus démunies, il gérait certains legs destinés aux œuvres sociales et participait à l’assistance des habitants en difficulté.

[2] La Fabrique de la paroisse — ou conseil de fabrique — est l’organisme chargé de gérer les biens et les finances d’une paroisse catholique. Il veille notamment à l’entretien de l’église, à la réalisation des travaux et à l’administration des dons et legs.

© Caroline Verstaen - Juin 2026

Article rédigé pour le journal municipal de la ville d'Andlau

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